Retraite paroissiale à la maison

Cinquième dimanche : L’appel de la vie !

Je conserve avec moi le "Prions en Église" de dimanche ou j'utilise ma Bible.

Quand j'arrive à la maison, je choisis un moment dans la semaine où je serai capable de m'arrêter et de faire silence, de faire un vrai silence sans musique, sans télévision, sans téléphone. Je choisis un endroit que j'aime où il sera facile de vivre ce temps d'arrêt.

Il est possible d'allumer un cierge et de mettre en évidence le Livre de la Parole de Dieu ou une icône du Christ. On peut faire cette réflexion avec d'autres personnes: soit en famille, soit avec des voisins. Il faut prévoir à ce moment un temps d'échange pour partager une réflexion respectueuse et non pas pour ouvrir un débat.

Cette semaine, je peux lire le texte de la première lecture (Ézékiel 37, 12-14) à voix basse et laisser monter en moi des images … ensuite je lis à voix basse le texte de l'Évangile sur la résurrection de Lazare (Jean 11, 1-45) et je fais de même.

Réflexion :

Il y a toutes sortes de résurrections.

Dans la première lecture, le prophète Ézéchiel s’adresse au Israélites en exil à Babylone. Babylone ! La grande ville païenne, le symbole de la décadence, de la déchéance. Pour le Peuple élu, loin de son pays, de sa ville sainte, de son Temple magnifique — détruit —, Babylone est une prison. Pire: un tombeau.

Que font-ils là ? Ils subissent le non-sens, l’absurdité. Que sont-ils là ? Ils ne sont plus rien: des exilés sans importance, soumis à des lois qui ne sont pas la Loi de leurs ancêtres, à un mode de vie et à des coutumes qui les désorientent.
Je prends un instant pour essayer de me mettre à leur place. J’imagine qu’on me prend de force et qu’on me déracine pour me contraindre à vivre dans un endroit où je ne comprends plus rien, où les habitudes de vie me sont étrangères, où je suis terriblement malheureux, où on me regarde avec mépris … Qu’est-ce que je fais là?… Qu’est-ce que je suis devenu ? …

Et là, je prends le temps de relire la première lecture, ce beau texte d’Ézéchiel …
Et je me rappelle que Dieu, après soixante-dix ans d’exil, a fait revenir son Peuple chez lui. Il lui a insufflé un Esprit nouveau, il les a fait sortir du tombeau pour les ramener à la maison.
Que fait naître en moi cette lecture ? Quels sentiments suscite-t-elle ?
Et je pense aux situations de ma propre vie où je suis désorienté, malheureux, empêtré dans l’absurdité … Que me dit ce texte, à moi ? …

Dans l’Évangile, Jésus réalise encore la promesse de Dieu. Non plus pour un peuple en exil mais, cette fois-ci, pour un mort : Lazare, qui pourrit dans le tombeau depuis quatre jours. Cette résurrection annonce, préfigure déjà la Résurrection du Christ …
Ici, il y a une curieuse inversion des rôles, chez les sœurs de Lazare (Cf Luc 10, 38-41). Marie, auparavant si assidue à l’écoute de Jésus, est désemparée. Son refuge est maintenant dans ses larmes. Marthe, auparavant si affairée dans sa cuisine, est celle dont la foi ne cesse ici d’augmenter : « Si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort … Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour … Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu. »
Ainsi en va-t-il de notre foi : tantôt l’épreuve la fait vaciller, tantôt grandir …
La vie spirituelle elle-même est quelque chose qui peut être en santé, malade, mourir et … ressusciter ! Qu’en est-il de ma foi ? … De mon espérance ? … De ma charité ? …

Et puis, même si je n’y pense guère : le Christ me ressuscitera au Dernier Jour ! …
Dans l’attente de ce Jour, je lui demande de nourrir et, au besoin, de guérir — voire de ressusciter — ma foi, mon espérance, ma charité … La vie nous appelle !

* * *

Pour terminer, reprendre la prière d'ouverture du cinquième dimanche du Carême ou dire un «Notre Père».

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